Le travail hybride a profondément reconfiguré notre rapport aux espaces professionnels. Aujourd’hui, la venue au bureau est un choix réfléchi, planifié, motivé par le besoin de collaborer, de créer du lien ou de mener des projets communs.
Ce changement de posture soulève une question concrète pour les organisations : comment assurer une supervision efficace des espaces de travail hybrides, s’assurer que les équipements fonctionnent sans friction et fonder chaque décision d’aménagement sur des données d’usage fiables ?
C’est précisément ce terrain qu’a exploré une table ronde organisée par Videlio, réunissant Justin Passaquet, directeur commercial France chez Distech Controls, Julien Peigné, en charge du programme Espaces de travail chez Microsoft, et François Jacono Jacono (Videlio).
Ensemble, ils ont retracé le parcours d’un utilisateur depuis la planification de sa semaine jusqu’au cœur de l’infrastructure du bâtiment connecté pour montrer à quel point la supervision des espaces collaboratifs et la gestion technique du bâtiment sont désormais indissociables.
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Smart building : une réalité déjà opérationnelle
Le terme « bâtiment intelligent » est aujourd’hui largement utilisé, parfois au risque d’être galvaudé. Justin Passaquet invite à en reprendre le sens fondamental, sans mystification :
Le smart building est souvent idéalisé, souvent fantasmé. Ce n’est pas un bâtiment rempli de gadgets, ce n’est pas une promesse marketing. Le smart building existe déjà. Vous êtes potentiellement déjà allé dans un smart building sans forcément le savoir.
Un bâtiment intelligent, c’est avant tout un bâtiment qui collecte et exploite de la donnée pour améliorer le confort des occupants, réduire les consommations énergétiques et fluidifier les interactions entre les services.
Au cœur de ce dispositif : la Gestion Technique du Bâtiment (GTB), que Justin Passaquet décrit comme « le squelette de la performance énergétique du smart building ».
Grâce à des capteurs répartis dans l’ensemble des espaces (salles de réunion, bureaux, parties communes, cages d’escalier), la GTB assure une supervision en temps réel et permet d’agir de manière ciblée, au bon moment.
Ce n’est pas de la science-fiction : c’est une infrastructure déjà opérationnelle dans de nombreux bâtiments tertiaires.
La supervision des espaces de travail hybrides commence avant même d’arriver au bureau
L’une des idées centrales qui ressort de la table ronde, c’est que le pilotage des espaces collaboratifs ne se limite pas à ce qui se passe entre les murs du bâtiment. L’expérience commence en amont, dès que l’utilisateur planifie sa venue.
Julien Peigné (Microsoft) pose le contexte : avec le travail flexible, se rendre au bureau est devenu un acte de coordination. L’enjeu n’est plus simplement d’avoir un poste disponible, mais de s’assurer que la venue est utile, bien organisée et confortable.
Cela implique de pouvoir, à distance et de manière fluide, coordonner plusieurs éléments : la présence des collègues, la réservation d’un poste de travail à proximité des bonnes personnes, la disponibilité d’une salle équipée pour la collaboration hybride, mais aussi des services associés comme le stationnement ou les espaces de stockage. Ces besoins, en apparence simples, requièrent en réalité une intégration fine entre les outils de planification et les systèmes de gestion du bâtiment.
Justin Passaquet (Distech Control) ajoute une dimension complémentaire : cette fluidité pré-arrivée doit se prolonger tout au long de la journée, jusqu’aux suites de la réunion. L’expérience est un parcours continu, pas une succession d’événements isolés.
La technologie, qu’il s’agisse des outils IT ou de la GTB, doit s’effacer progressivement au profit de l’usage. L’objectif ultime : que l’utilisateur n’ait plus à penser à l’infrastructure. Il se concentre sur son travail ; le bâtiment, lui, gère le reste.
Occupancy analytics : piloter les espaces de travail grâce à la donnée
Derrière chaque espace bien utilisé ou sous-exploité, il y a une réalité chiffrée que peu d’organisations connaissent vraiment. Julien Peigné partage un constat issu des recherches de Microsoft : à l’échelle mondiale, près de 65 % des espaces de bureaux sont sous-utilisés. Un chiffre qui interpelle, et qui illustre un décalage persistant entre les décisions d’aménagement et les usages effectifs.
Ce décalage s’explique en partie par la difficulté à distinguer l’intention de l’usage réel. Un collaborateur peut avoir réservé une salle sans finalement s’y rendre. Un bureau peut apparaître occupé dans les systèmes alors qu’il est vide dans les faits. Pour combler cet écart, il faut croiser plusieurs types de signaux :
- Les données d’intention : agendas, plans de présence, réservations de salles et de postes
- Les données d’occupation réelle : capteurs de présence, badges d’accès, relevés de fréquentation effective
- Les signaux faibles : mises à jour de statut de présence, annulations de réservation, variations d’utilisation dans le temps
Une fois croisées et analysées, ces données enrichies par l’intelligence artificielle, permettent de dégager des tendances significatives. C’est ce qu’on appelle l’occupancy analytics : transformer des signaux bruts en intelligence opérationnelle. Ces analyses deviennent alors un outil de pilotage stratégique pour les directions des services généraux, les équipes IT, les ressources humaines et les responsables RSE : comprendre comment les espaces sont vraiment vécus, identifier les inadéquations, et repenser les bâtiments en conséquence.
Supervision des bâtiments connectés : casser les silos
Multiplier les sources de données et les outils de gestion peut, paradoxalement, générer de la complexité si rien ne vient les fédérer. C’est précisément le défi que Showpilot, la solution de supervision et de pilotage de Videlio, est conçue pour relever.
François Jacono (Videlio) rappelle que dans un écosystème de bâtiment intelligent, les interlocuteurs sont nombreux et leurs besoins, différents. L’IT raisonne en disponibilité des systèmes. Les services généraux pensent confort et fonctionnalité. Les RH s’intéressent à la qualité de vie au travail. Sans plateforme transverse, chacun travaille dans son périmètre avec ses propres outils, et la vision d’ensemble échappe à tous.
On a besoin, avec Showpilot, d’un outil qui va aller récupérer toutes ces choses-là, qui va permettre d’analyser, de superviser, de piloter, voire d’asservir le bâtiment, et on va rentrer dans des logiques beaucoup plus de pro-actions tous ensemble.
Showpilot agrège les informations issues de toutes les couches du bâtiment, technique, IT, usage, et les restitue de manière intelligible à chaque métier concerné. Il ne s’agit pas simplement de visualiser des données, mais de créer les conditions d’une action coordonnée : alerter les bonnes personnes au bon moment, automatiser certaines réponses, et progressivement, faire basculer le bâtiment dans une logique de supervision et de pilotage proactifs des espaces collaboratifs et des infrastructures connectées.
Maintenance prédictive : vers un bâtiment proactif
La réunion qui commence en retard parce que les équipements audiovisuels ne répondent pas, la salle trop chaude un jour de forte affluence, le store bloqué qui perturbe le confort des occupants : ces situations ont en commun d’être des symptômes d’une maintenance trop réactive. On attend que le problème survienne pour agir. Or, dans un bâtiment connecté doté d’une GTB performante, cette logique est dépassable.
Justin Passaquet pose un objectif plus ambitieux : une maintenance que les utilisateurs ne perçoivent pas, parce qu’elle agit avant même que la gêne ne se manifeste.
La meilleure maintenance, c’est celle qu’on ne voit pas. C’est vraiment transformer un bâtiment réactif en bâtiment proactif, qui va anticiper sur ce qui va arriver, puisqu’il va apprendre aussi le fonctionnement du bâtiment.
La GTB joue ici un rôle déterminant. Grâce à la densité de ses capteurs et à la remontée continue d’informations, elle permet de détecter des dérives avant qu’elles ne deviennent des pannes. Le bâtiment apprend ses propres rythmes de fonctionnement, les pics de fréquentation, les variations saisonnières, les comportements des équipements et s’y adapte. Les équipes de maintenance, de leur côté, peuvent concentrer leurs interventions là où elles sont réellement nécessaires, plutôt que de traiter des incidents à mesure qu’ils apparaissent.
Bâtiment intelligent : supprimer les silos pour améliorer la supervision
Tout au long de la table ronde, un constat revient : les silos restent un frein majeur à la supervision des espaces de travail et des bâtiments connectés.
François Jacono (Videlio) rappelle qu’il n’est plus possible de séparer le poste de travail de l’infrastructure du bâtiment. Espaces collaboratifs, outils IT et systèmes techniques doivent fonctionner ensemble.
Lorsque les équipes partagent les mêmes données et les mêmes plateformes, la coordination devient plus fluide et la supervision plus efficace. C’est une condition essentielle pour piloter un bâtiment intelligent à grande échelle.
Ce que cela change concrètement pour votre organisation
- Les enseignements de cette table ronde dessinent une feuille de route claire pour les organisations qui souhaitent aborder sérieusement la supervision de leurs espaces de travail hybrides et de leurs infrastructures connectées.
- Pensez l’expérience utilisateur comme un parcours complet. Elle ne commence pas quand le collaborateur entre dans le bâtiment, mais bien en amont, dès la planification de sa venue. Chaque étape — réservation, déplacement, installation, réunion, suivi — doit être fluide et anticipée.
- Investissez dans la donnée d’usage, pas seulement dans l’infrastructure. Les capteurs et les systèmes de réservation ne valent que si leurs données sont croisées, analysées et restituées aux bons décideurs au bon moment.
- Fédérez les acteurs autour d’une plateforme commune. IT, services généraux, RH, direction immobilière : chacun a besoin d’une vision partagée pour prendre des décisions cohérentes. Une plateforme d’orchestration comme Showpilot est la pierre angulaire de cette coordination.
- Passez d’une logique réactive à une logique proactive. La maintenance prédictive n’est plus réservée aux grandes infrastructures industrielles. Elle est accessible, et elle change durablement la qualité de service perçue par les occupants.
- Choisissez des partenaires qui parlent le même langage. Un bâtiment intelligent se construit à plusieurs. L’interopérabilité des solutions et la qualité des écosystèmes partenaires sont des critères de sélection aussi importants que les fonctionnalités elles-mêmes.
Chez Videlio, nous accompagnons ces transformations.
Nous concevons des environnements capables de connecter les systèmes, structurer les flux d’information et restituer une vision claire et exploitable des espaces et des infrastructures.
L’objectif : permettre aux équipes de disposer de la bonne information, au bon moment, pour piloter efficacement leurs espaces et leurs infrastructures.

